MOA : Villa Medicis
Programme : Festival des Cabanes
Surface : 40m²
Montant travaux : 20 000€
Livraison : Concours
Equipe : Renaud CRUELLS (9000 Lieues), Remo RAGONESE, Clément BERTHOU (Atelier Clément Berthou), CURA Architecture
CABINA OBSCURA est née d’une réflexion simple : comment intervenir dans un lieu où le paysage semble déjà parfaitement donné ? Dans les jardins de la Villa Médicis, Rome est partout présente, mais toujours tenue à distance, dissimulée derrière les haies des Carrés Sud. Le projet choisit alors de ne pas révéler davantage le paysage, mais au contraire d’en suspendre l’accès pour en intensifier la perception.
Inspirée de la camera obscura, ancêtre de l’appareil photographique, la cabane prend la forme d’une structure légère en bois recouverte d’une enveloppe textile noire. Loin d’un objet autonome, elle se pense comme une séquence spatiale : un passage étroit et progressif où les repères s’effacent peu à peu. Les sons se feutrent, la lumière disparaît, le regard s’adapte lentement à l’obscurité.
À l’intérieur, toutes les surfaces sont tendues de rideaux noirs absorbants qui effacent la lecture constructive de l’espace. La structure disparaît derrière le textile pour laisser place à une expérience presque introspective, où le visiteur avance dans une atmosphère silencieuse évoquant le soufflet sombre d’un ancien appareil photographique.
Le parcours conduit finalement vers une image projetée du jardin, révélée grâce à un dispositif de camera obscura. Le paysage extérieur apparaît alors inversé, fragile et mouvant. Ce qui était inaccessible devient perceptible autrement. Le projet propose ainsi moins une vue qu’une expérience du regard : une manière de ralentir, d’attendre et de redécouvrir le visible.
Pensée comme une architecture démontable et réemployable, CABINA OBSCURA repose sur un système constructif simple, composé de portiques bois préfabriqués et d’éléments réutilisables. Entre installation artistique et micro-architecture, le projet défend une idée essentielle : l’architecture peut devenir un médium de perception, capable non seulement d’abriter, mais aussi de transformer notre manière de voir.








